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Interview Anne WETSI MPOMA

Les 60 ans d’indépendance du Congo représente la commémoration d’une semi-victoire. A cause de mépris qu’on a envers les populations qui meurent à l’est du Congo pour extraire le cobalt et le coltan, des substances qu’on utilise dans les batteries électriques de voitures. Je suis heurté de la même façon quand je suis face à une statue de Léopold II que quand on dit “Pensez écologique et choisissez la voiture électrique”. On parle d’écologie pour qui? A l’égard la population congolaise. Ce n’est pas possible d’accepter cette campagne. Ce qui se passe à l’est du Congo nous regarde aussi.  

Le premier très bon souvenir que j’ai de Bruxelles, c’est celui de dimanche dernier lors de la manifestation Black Lives Matter. J’étais hyper émue. C‘était un moment incroyable. J’ai vraiment dû retenir mes larmes. D’avoir autant de monde dans les rues, cette convergence, et de voir tous ces gens marcher, et on marchait tous dans le même but, comme une procession, c’était génial. 

A la Place Poelaert un autre souvenir, c’est le concert de James Brown il y a un peu plus de 20 ans. C’était un moment mémorable, la figure de la soul musique. Pendant mon enfance les seuls noirs qu’on voyait à la télé n’étaient pas des Africains. Si, il y avait Mobutu, mais ou sinon c’étaient les stars de musique américaine.

Le genre de dialogue que j’ai envie d’engager avec les personnes qui vivent à Kinshasa par exemple., est que mis à part le confort matériel qui est accessible à plus de personnes proportionnellement ici, eux n’ont pas d’idées de la chance qu’ils ont de grandir sans avoir dû se poser des questions par rapport à leur couleur de peau. Ce luxe-là n’est vraiment pas à négliger sur la construction de l’identité de la personne.

Aujourd’hui il me semble que les Congolais ont besoin de mettre le poing sur la table et de dire “aujourd’hui vous allez nous laisser nous exprimer prendre notre destin en mains. Parce que dans mes repas de famille, à certaines occasions il se peut que ma maman raconte une anecdote qui concerne son enfance, et que je doive apprendre à ce moment-là que mes oncles étaient considérés comme des sous-hommes, qu’ils pouvaient être fouetté parce qu’ils n’avaient pas ramené assez d’hévéa. Et cette image-là et quand-même incroyable. Et j’ai ce rapport-là, par ma famille, avec ce pays-ci! Donc s’il-vous-plaît, laissez les Congolais choisir comment ils vont célébrer leur indépendance. Je pense que ça sera dans la joie.